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Pierre Lellouche, les « autistes » et la langue de Shakespeare

Le poids des mots… et surtout le poids des mots traduits. Pierre Lellouche, Secrétaire d'Etat aux affaires européennes, a déclenché une petite polémique outre-Manche pour avoir qualifié les Conservateurs britanniques d'« autistes ». Ce n'est pas le jugement politique qui fait scandale, mais l'emploi du mot « autiste ».

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28/06/09 : Pique Nique de fin d'année

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Écrit par Administrator   
Dimanche, 14 Juin 2009 14:36
Index de l'article
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Les personnes autistes accueillies en Belgique
Améliorer les connaissances sur l’autisme
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PROJETS ET PLAN DU GOUVERNEMENT : La mise en oeuvre du plan autisme

Quelles nouvelles méthodes pour traiter l'autisme ?

Pour répondre aux attentes des familles et des associations, le plan autisme met l'accent sur le développement des nouvelles méthodes de prise en charge, dites "comportementalistes" : le plan a ainsi autorisé l'ouverture de dix structures expérimentales qui appliquent ces méthodes. Ces ouvertures représentent 175 places d'accueil, pour un montant global de 9,53 millions d'euros.

Toutefois, et pour assurer la qualité du traitement utilisé, ces structures expérimentales sont autorisées pour une durée de cinq ans et seront régulièrement évaluées.

Quelles priorités pour 2010 et 2011 ?

Le plan autisme sera poursuivi en 2010 et 2011 dans toutes ses dimensions :

  • pour mieux former les professionnels, le Gouvernement mettra en place, avant la fin de l'année, des modules de formation adaptés à l'autisme ;
  • pour améliorer l'accompagnement des malades, la Haute Autorité de santé, conjointement avec l'Agence de l'évaluation des structures médico-sociales (Anesm), va élaborer un ensemble de bonnes pratiques qui seront largement diffusées;
  • l'autisme, comme tous les autres handicaps, ne doit pas empêcher l'insertion dans notre société, le Gouvernement sera également très attentif à ce que toutes les politiques en faveur des personnes handicapées (insertion dans l'emploi, politique du logement...) prennent bien en compte les besoins particuliers des personnes autistes ;
  • une dizaine de nouvelles structures expérimentales vont être autorisées : leur liste sera annoncée dans les prochaines semaines. Le Gouvernement et l'Anesm travaillent également à la mise au point d'une évaluation nationale de toutes les structures expérimentales.


    La mise en œuvre du plan autisme fait l'objet d'un suivi régulier, assuré par Roselyne Bachelot-Narquin et par Nadine Morano .


    Source : porte-parole du Gouvernement

Bilan d’étape du plan autisme en février 2010

Synthèse en quelques chiffres

  • Entre 300 000 à 500 000 personnes sont atteintes de troubles du développement en France.
  • 187 Millions d’€uros : c’est le montant des crédits alloués au plan autisme pour la période 2008-2011.
  • 2120 places en établissements et services créées depuis 2008, le même nombre de créations est prévu d’ici à 2012.
  • 175 places d’accueil ont été ouvertes depuis 2008 dans les structures expérimentales.

Les enjeux

En France, entre 300 000 et 500 000 personnes sont touchées par des troubles du développement, parmi lesquels l’autisme. Face à la souffrance des adultes, des enfants et de leur entourage, le Gouvernement a engagé dès 2008 un effort exceptionnel pour traiter l’autisme d’une manière globale.

Elaboré en concertation avec les professionnels et les associations, le plan autisme 2008-2011 est une avancée majeure de la politique publique en direction des personnes autistes et de leur entourage. Doté de 187 Millions d’€uros, ce plan comporte 30 mesures, articulées autour de 3 grands axes :

  • Mieux connaître pour mieux former : le plan autisme met l’accent sur la connaissance de cette maladie et sur la diffusion de cette connaissance auprès des professionnels ;
  • Mieux repérer pour mieux accompagner : l’établissement d’un diagnostic rigoureux et précoce est essentiel pour mieux accompagner les personnes atteintes d’autisme. _ Le plan autisme se fixe un objectif ambitieux de 4100 places en établissements et services sur la durée du plan d’ici à 2012 ;
  • Diversifier les approches : le plan autisme vise à promouvoir des approches thérapeutiques novatrices encore peu répandues en France.

Le bilan

Le plan autisme a tout d’abord permis d’améliorer la connaissance de cette maladie, grâce à la mise au point d’un socle de connaissances qui va être largement diffusé et qui va servir de base à la formation de tous les professionnels. L’INVS et l’INSERM viennent également de lancer une étude épidémiologique qui permettra de disposer d’une estimation plus précise du nombre de personnes atteintes d’autisme.

Le plan a également donné des résultats concrets dans l’accompagnement des malades et de leurs familles :
Parce que l’accompagnement des personnes atteintes d’autisme et de leurs familles commence dès le diagnostic, le plan autisme donne des moyens supplémentaires aux équipes de diagnostic (5,6 M€ au total entre 2009 et 2011). Le ministère de la Santé expérimente également, dans plusieurs départements, des dispositifs destinés à accompagner l’annonce de ce diagnostic difficile, et qui leur permet de s’orienter et d’être guidées.

  • A la suite de l’engagement pris par le Président de la République, le Gouvernement s’est mobilisé pour l’accueil des personnes atteintes d’autisme dans les établissements : 2120 places en établissements et services ont d’ores et déjà été financées, pour un montant total de 78,5 M€. Un an et demi après le lancement du plan autisme, 52 % des objectifs de créations de places ont été tenus.
  • Pour les enfants atteints d’autisme, 422 places ont été créées dans les services d’éducation spéciale et de soins à domicile (SESSAD) pour développer leur autonomie. Et parce que le développement de l’autonomie passe aussi par l’école, le ministère de l’Education nationale a d’emblée mis l’accent sur l’intégration des enfants autistes en milieu scolaire. Un an et demi après le lancement du plan, deux tiers des 17000 enfants autistes sont scolarisés en milieu ordinaire et un tiers en établissement médico-social.

Des expérimentations

Pour répondre aux attentes des familles et des associations, le plan autisme met l’accent sur le développement des nouvelles méthodes de prise en charge, dites « comportementalistes » : le plan a ainsi autorisé l’ouverture de 10 structures expérimentales qui appliquent ces méthodes. Ces ouvertures représentent 175 places d’accueil, pour un montant global de 9,53 M€. Toutefois, et pour assurer la qualité du traitement utilisé, ces structures expérimentales sont autorisées pour une durée de cinq ans et seront régulièrement évaluées.

 

Les perspectives

  • Pour mieux former les professionnels, le Gouvernement mettra en place, avant la fin de l’année, des modules de formation adaptés à l’autisme.
  • Pour améliorer l’accompagnement des malades, la Haute Autorité de Santé, conjointement avec l’Agence de l’évaluation des structures médico-sociales (ANESM), va élaborer un ensemble de bonnes pratiques qui seront largement diffusées.
  • Le Gouvernement sera également très attentif à ce que toutes les politiques en faveur des personnes handicapées (insertion dans l’emploi, politique du logement…) prennent bien en compte les besoins particuliers des personnes autistes. L’autisme, comme tous les autres handicaps, ne doit pas empêcher l’insertion dans notre société.
  • Une dizaine de nouvelles structures expérimentales vont être autorisées : leur liste sera annoncée dans les prochaines semaines. _ Le Gouvernement et l’ANESM travaillent également à la mise au point d’une évaluation nationale de toutes les structures expérimentales.

Pour Nadine Morano : « C’est un tournant dans l’accompagnement de l’autisme en France avec de réels efforts d’ouverture vers les méthodes comportementales. »

Source: Ministère du Travail, de la Solidarité, et de la Fonction Publique

 

Pierre Lellouche, les « autistes » et la langue de Shakespeare

Pierre Lellouche parle très correctement l'anglais, et c'est dans cette langue qu'il a donné une interview à un journaliste du Guardian avec la fameuse citation visant les conservateurs britanniques et l'Europe, après une déclaration très restrictive de David Cameron, le leader conservateur, sur l'UE :

« Ils ont juste une ligne et ils répètent cette ligne. C'est une forme étrange d'autisme ».

Mais, comme le souligne avec humour dans le Times de Londres Charles Brenner, le plus français des correspondants britanniques, si les hommes politiques français passent leur temps à se traiter d'« autistes » sans s'en offusquer, l'utilisation d'une métaphore liée à un trouble mental pour dénigrer ses adversaires passe mal au Royaume Uni.

Charles Bremmer cite Patrick Sadoun, le président de Sésame Autisme, une association française qui lutte contre les discriminations vis-à-vis des autistes, et a même saisi La Halde à cet effet :

« Les Anglais ont raison d'être choqués, et je félicite un pays qui réagit de cette manière. Je suis horrifié de voir les hommes politiques français se traiter d'autistes à la première occasion ».

L'ironie de cette mésaventure de Pierre Lellouche est que le fond de son propos a suscité moins de polémiques que la forme, alors qu'il s'en prenait violemment aux Conservateurs britanniques, qui seront sans doute au pouvoir après les élections générales de l'an prochain, pour leur politique européenne. Il ne s'arrête d'ailleurs pas à l'« autisme ». Il qualifie la position des Conservateurs de « pathétique », et affirme qu'ils ont « castré » la position britannique en Europe.

L'an dernier, le ministère des Affaires étrangères avait dû publier un communiqué pour corriger une faute d'anglais du ministre, Bernard Kouchner. Dans une interview à un journal israélien, réalisée en anglais, Kouchner avait menacé de « manger » l'Iran s'il développait son programme nucléaire. En fait, il avait simplement dit « eat » (manger) au lieu de « hit » (frapper), un h aspiré qui fait toute la différence…

Pas de communiqué dans le cas de Lellouche, mais peut-être une belle leçon, et pas seulement pour le ministre, car il n'est évidemment pas le seul à employer le mot autiste à tort bien plus qu'à raison.

 Par Pierre Haski | Rue89 | 06/11/2009 | 00H24

 


Question orale avec débat de Mme Bernadette Dupont, sénateur « Point sur la mise en oeuvre du plan autisme 2008-2010 ». Intervention de Valérie Létard. 11 juin 2009

 

Question orale avec débat n° 0039A de Mme Bernadette Dupont (Yvelines - UMP-A) publiée dans le JO Sénat du 14/05/2009 - page 1183.

Mme Bernadette Dupont attire l’attention de Mme la secrétaire d’État chargée de la solidarité sur le plan autisme 2008-2010 annoncé le vendredi 18 mai 2008 dont l’objectif est de « construire une nouvelle étape de la politique des troubles envahissants du développement (TED) et, en particulier, de l’autisme ». Voir toute l’intervention de Mme Dupont

L’intervention de Valérie Létard

Il y a un peu plus d’un an, le 16 mai 2008, j’annonçais, avec Roselyne Bachelot, le Plan autisme 2008-2010 et je suis particulièrement heureuse que cette question orale me donne l’occasion de faire le point sur sa mise en oeuvre. Merci à vous, Mme Dupont, d’avoir pris l’initiative de ce débat, et merci naturellement au Sénat d’avoir accepté de l’organiser. Car ce handicap, encore trop méconnu et qui alimente encore trop de fantasmes, concerne au moins 400 000 de nos compatriotes, si l’on retient les taux de prévalence affichés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Il n’y a en effet pas de raison que la prévalence de l’autisme en France soit différente de celle constatée dans d’autres pays comparables.

1. Les créations de places

Mme Dupont, Mme Alquier, Mme Hoarau, vous avez raison, les besoins des personnes autistes en matière de prise en charge restent immenses, c’est l’un des handicaps où les besoins à couvrir restent les plus importants. Le premier IME spécialisé dans l’autisme n’a vu le jour qu’en 1984 ! Et c’est, bien sûr, la principale raison qui a poussé le Gouvernement à lancer ce 2ème plan autisme qui couvre donc les années 2008 à 2010.
Dans le cadre du premier plan autisme (2005-2007), 1950 places étaient prévues. Grâce au volontarisme des pouvoirs publics et au dynamisme associatif, les réalisations effectives se sont montées à 2600 places. Pour ce second plan, nous avons porté l’effort à 4100 places en 5 ans, soit 250 places de plus chaque année que dans le calibrage du 1er plan.
C’est un effort de 187 M€, M.Daudigny.
Mme Alquier, Mme Hoarau, M.Daudigny, comment ce volume de places a-t-il été fixé ? Nous nous sommes basés sur les besoins tels qu’ils ressortaient des programmes régionaux d’accompagnement du handicap et de la perte d’autonomie (PRIAC) qui recensent et priorisent au niveau régional les besoins de création de places.

Les PRIAC sous-estiment-ils les besoins ? C’est en effet possible et c’est la raison pour laquelle le chiffre de 4100 places est un plancher : d’ailleurs, dès 2008, les préfets ont autorisé 1200 places spécifiques « autisme » au lieu des 900 prévues par le plan. Pour les enfants, mais aussi pour les adultes, pour lesquels les besoins sont très importants, comme vous le soulignez, M. Blanc : sur les 1200 places créées, 500 sont destinées aux adultes.
Cette avancée positive est de bon augure puisqu’elle laisse entrevoir la possibilité d’atteindre la totalité des objectifs du plan - 4100 places - en 3 ans au lieu de 5 et donc de revoir à la hausse le nombre de places créées.
En 2009, nous voulons poursuivre ce mouvement : une nouvelle tranche de 900 places est prévue. Mais comme en 2008, c’est un plancher que nous souhaitons dépasser, en autorisant au moins autant de places qu’en 2008.
Par ailleurs, au-delà des créations nettes de places, il est nécessaire de requalifier des places existantes : aujourd’hui, en effet, la majorité des personnes autistes est accueillie dans des établissements non spécialisés, où leur prise en charge est inadaptée. Nous avons donné instruction aux DDASS d’accompagner ces structures pour qu’elles adaptent leurs prises en charge à la spécificité de l’autisme.



Mise à jour le Vendredi, 28 Mai 2010 21:06
 


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