Pierre Lellouche, les « autistes » et la langue de Shakespeare
Le poids des mots… et surtout le poids des mots traduits. Pierre Lellouche, Secrétaire d'Etat aux affaires européennes, a déclenché une petite polémique outre-Manche pour avoir qualifié les Conservateurs britanniques d'« autistes ». Ce n'est pas le jugement politique qui fait scandale, mais l'emploi du mot « autiste ».
Pierre Lellouche parle très correctement l'anglais, et c'est dans cette langue qu'il a donné une interview à un journaliste du Guardian avec la fameuse citation visant les conservateurs britanniques et l'Europe, après une déclaration très restrictive de David Cameron, le leader conservateur, sur l'UE :
« Ils ont juste une ligne et ils répètent cette ligne. C'est une forme étrange d'autisme ».
Mais, comme le souligne avec humour dans le Times de Londres Charles Brenner, le plus français des correspondants britanniques, si les hommes politiques français passent leur temps à se traiter d'« autistes » sans s'en offusquer, l'utilisation d'une métaphore liée à un trouble mental pour dénigrer ses adversaires passe mal au Royaume Uni.
Charles Bremmer cite Patrick Sadoun, le président de Sésame Autisme, une association française qui lutte contre les discriminations vis-à-vis des autistes, et a même saisi La Halde à cet effet :
« Les Anglais ont raison d'être choqués, et je félicite un pays qui réagit de cette manière. Je suis horrifié de voir les hommes politiques français se traiter d'autistes à la première occasion ».
L'ironie de cette mésaventure de Pierre Lellouche est que le fond de son propos a suscité moins de polémiques que la forme, alors qu'il s'en prenait violemment aux Conservateurs britanniques, qui seront sans doute au pouvoir après les élections générales de l'an prochain, pour leur politique européenne. Il ne s'arrête d'ailleurs pas à l'« autisme ». Il qualifie la position des Conservateurs de « pathétique », et affirme qu'ils ont « castré » la position britannique en Europe.
L'an dernier, le ministère des Affaires étrangères avait dû publier un communiqué pour corriger une faute d'anglais du ministre, Bernard Kouchner. Dans une interview à un journal israélien, réalisée en anglais, Kouchner avait menacé de « manger » l'Iran s'il développait son programme nucléaire. En fait, il avait simplement dit « eat » (manger) au lieu de « hit » (frapper), un h aspiré qui fait toute la différence…
Pas de communiqué dans le cas de Lellouche, mais peut-être une belle leçon, et pas seulement pour le ministre, car il n'est évidemment pas le seul à employer le mot autiste à tort bien plus qu'à raison.
Par Pierre Haski | Rue89 | 06/11/2009 | 00H24
ACTUS ACTIVITÉS ASSOCIATIONS
Le souffle9
Association loi 1901
L'ensemble de l'équipe du Souffle9 a le plaisir de vous adresser le programme de ses prochaines activités pour les mois de novembre et décembre 2009 et vous rappelle que tous ses week-ends et séjours se dérouleront dans notre maison à Garencières, dans l’Eure.
En ce qui concerne les samedis, week-ends et séjours des mois de novembre et décembre merci de nous faire parvenir vos souhaits d’inscriptions avant le 14 octobre 2009 afin d’établir les groupes et de vous confirmer les inscriptions.
Nos week-ends (les départs et retours se font à 18h)
Du vendredi 6 au dimanche 8 novembre : week-end à la campagne
Du vendredi 13 au dimanche 15 novembre : week-end à la campagne
Du vendredi 20 au dimanche 22 novembre : week-end à la campagne
Du vendredi 27 au dimanche 29 novembre : week-end à la campagne
Du vendredi 4 au dimanche 6 décembre : week-end à la campagne
Du vendredi 11 au dimanche 13 décembre : week-end à la campagne
Nos samedis culturels, « rencontre d’artiste » et de loisirs (de 10h à 17h)
Samedi 14 novembre : Cinéma
Samedi 28 novembre : Patinoire
Samedi 12 décembre : journée culturelle à la Villette
Nos séjours
Séjour du samedi 26 décembre 2009 au samedi 2 janvier 2010 (sous réserve d’animateurs)
Tous les rendez-vous ont lieu à la Maison des Jeunes de Saint-Médard, 3 rue du Gril, 75005 Paris (métro Censier-Daubenton).
Pour toutes inscriptions ou renseignements, n'hésitez pas à nous joindre par mail (
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Veuillez recevoir nos salutations les plus sincères.
L'équipe du Souffle9
Tarifs : 50 euros prix parents/65 euros prix institutions pour les samedis
culturels
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665 euros prix parents/910 euros prix institutions pour les vacances
scolaires
Question orale avec débat de Mme Bernadette Dupont, sénateur « Point sur la mise en oeuvre du plan autisme 2008-2010 ». Intervention de Valérie Létard. 11 juin 2009
Question orale avec débat n° 0039A de Mme Bernadette Dupont (Yvelines - UMP-A) publiée dans le JO Sénat du 14/05/2009 - page 1183.
Mme Bernadette Dupont attire l’attention de Mme la secrétaire d’État chargée de la solidarité sur le plan autisme 2008-2010 annoncé le vendredi 18 mai 2008 dont l’objectif est de « construire une nouvelle étape de la politique des troubles envahissants du développement (TED) et, en particulier, de l’autisme ».
Voir toute l’intervention de Mme Dupont L’intervention de Valérie Létard
Il y a un peu plus d’un an, le 16 mai 2008, j’annonçais, avec Roselyne Bachelot, le Plan autisme 2008-2010 et je suis particulièrement heureuse que cette question orale me donne l’occasion de faire le point sur sa mise en oeuvre. Merci à vous, Mme Dupont, d’avoir pris l’initiative de ce débat, et merci naturellement au Sénat d’avoir accepté de l’organiser. Car ce handicap, encore trop méconnu et qui alimente encore trop de fantasmes, concerne au moins 400 000 de nos compatriotes, si l’on retient les taux de prévalence affichés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Il n’y a en effet pas de raison que la prévalence de l’autisme en France soit différente de celle constatée dans d’autres pays comparables.
1. Les créations de places
Mme Dupont, Mme Alquier, Mme Hoarau, vous avez raison, les besoins des personnes autistes en matière de prise en charge restent immenses, c’est l’un des handicaps où les besoins à couvrir restent les plus importants. Le premier IME spécialisé dans l’autisme n’a vu le jour qu’en 1984 ! Et c’est, bien sûr, la principale raison qui a poussé le Gouvernement à lancer ce 2ème plan autisme qui couvre donc les années 2008 à 2010.
Dans le cadre du premier plan autisme (2005-2007), 1950 places étaient prévues. Grâce au volontarisme des pouvoirs publics et au dynamisme associatif, les réalisations effectives se sont montées à 2600 places. Pour ce second plan, nous avons porté l’effort à 4100 places en 5 ans, soit 250 places de plus chaque année que dans le calibrage du 1er plan.
C’est un effort de 187 M€, M.Daudigny.
Mme Alquier, Mme Hoarau, M.Daudigny, comment ce volume de places a-t-il été fixé ? Nous nous sommes basés sur les besoins tels qu’ils ressortaient des programmes régionaux d’accompagnement du handicap et de la perte d’autonomie (PRIAC) qui recensent et priorisent au niveau régional les besoins de création de places.
Les PRIAC sous-estiment-ils les besoins ? C’est en effet possible et c’est la raison pour laquelle le chiffre de 4100 places est un plancher : d’ailleurs, dès 2008, les préfets ont autorisé 1200 places spécifiques « autisme » au lieu des 900 prévues par le plan. Pour les enfants, mais aussi pour les adultes, pour lesquels les besoins sont très importants, comme vous le soulignez, M. Blanc : sur les 1200 places créées, 500 sont destinées aux adultes.
Cette avancée positive est de bon augure puisqu’elle laisse entrevoir la possibilité d’atteindre la totalité des objectifs du plan - 4100 places - en 3 ans au lieu de 5 et donc de revoir à la hausse le nombre de places créées.
En 2009, nous voulons poursuivre ce mouvement : une nouvelle tranche de 900 places est prévue. Mais comme en 2008, c’est un plancher que nous souhaitons dépasser, en autorisant au moins autant de places qu’en 2008.
Par ailleurs, au-delà des créations nettes de places, il est nécessaire de requalifier des places existantes : aujourd’hui, en effet, la majorité des personnes autistes est accueillie dans des établissements non spécialisés, où leur prise en charge est inadaptée. Nous avons donné instruction aux DDASS d’accompagner ces structures pour qu’elles adaptent leurs prises en charge à la spécificité de l’autisme.